Sierra Nevada de Santa Marta · Colombie

Collection Wiwa

Le peuple Wiwa vit dans les hauteurs de la Sierra Nevada, entre la mer et les neiges éternelles. Leurs mochilas sont des pièces uniques — chaque fil noué porte une intention, chaque motif une conversation avec la nature et les ancêtres.

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27 pièces · 27 disponibles

L'artisanat Wiwa

Tisser dès l'enfance, à l'aiguille.

Les femmes Wiwa apprennent à tisser dès l'enfance, selon la technique trama — aiguille et fil continu en spirale, sans aucune couture latérale. Une mochila de taille moyenne demande entre trois et six semaines de travail. La fibre principale est le fique — une plante de la famille des Furcraea, proche de l'agave. Les longues feuilles sont défibrées, lavées à grande eau, séchées au soleil, puis la fibre est filée à la main en la roulant sur la cuisse pour obtenir un fil continu et régulier. Elle peut ensuite être teinte avec des écorces, des racines et des minéraux récoltés dans la montagne, puis tissée selon les visions et les pensées de chaque femme.

3 à 6Semaines de tissage
100 %À la main
TramaTechnique traditionnelle

Le peuple Wiwa, gardiens de la Sierra Nevada

Les Wiwa — qui se nomment eux-mêmes Damana — habitent les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, la plus haute chaîne côtière au monde, entre la mer des Caraïbes et les neiges éternelles. Avec environ vingt mille membres répartis dans une centaine de villages, ils forment l'un des quatre peuples indigènes qui veillent sur cette montagne sacrée, aux côtés des Kogi, des Arhuaco et des Kankuamo.

Une cosmologie tissée dans chaque geste

Leur vision du monde repose sur le concept de : l'ordre originel qui maintient l'équilibre entre les êtres, la nature et le cosmos. Chaque action quotidienne — semer, chanter, tisser — est une participation à cet équilibre. C'est pourquoi le tissage n'est pas, chez les Wiwa, une simple production : c'est un geste qui inscrit l'intention de la tisseuse dans la matière même de la mochila. Pour eux, le sac n'est pas un accessoire — il est ce qui les définit. Avec la mochila, nous sommes autochtones ; sans la mochila, nous ne sommes pas autochtones, dit une maxime wiwa. Le sac porte un nom propre dans leur langue : suzu.

L'autorité spirituelle de la communauté repose sur les Mamus — hommes formés dès l'enfance dans de longues périodes d'isolement — et sur les Sagas, les femmes âgées qui détiennent une autorité équivalente dans les sphères de l'eau, de la fertilité et de la terre.

Le tissage à l'aiguille, technique trama

Contrairement aux Wayuu qui travaillent au crochet, les femmes Wiwa pratiquent la trama : tissage à l'aiguille avec un fil continu, exécuté en spirale depuis le fond du sac jusqu'à son embouchure. Une pièce de taille moyenne demande entre trois et six semaines de travail. Les fibres sont locales — fique (proche de l'agave), coton filé à la main, parfois laine — souvent teintes avec des plantes et des minéraux récoltés dans la montagne.

Une esthétique de la retenue

Les motifs Wiwa privilégient la sobriété : géométries discrètes, palette terreuse (sable, ocre, brun, blanc), références abstraites à la montagne, à l'eau, aux cycles naturels et aux animaux. Une mochila Wiwa ne cherche pas à séduire au premier regard — elle révèle sa profonde connexion aux éléments de la Terre et de l'Univers.

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