Tissée par Dilia Nieves.
Dans les communautés Wiwa de la Sierra Nevada, Dilia Nieves tisse Posa pendant quatre semaines. Elle connaît bien les étangs d’altitude dont s’inspire le motif : ces lagunas qui ponctuent le chemin de l’eau entre les glaciers et les plaines, miroirs immobiles entre ciel et roche. Son village se trouve non loin de l’un d’eux.
La trama produit ici un motif fait de points et de carrés réguliers — des stations, des pauses dans le tissu. Posa mesure 25 centimètres de hauteur pour 23 de largeur. Sa sangle de 107 centimètres convient à la plupart des silhouettes. Le fique naturel lui donne la solidité discrète d’un objet fait pour durer — sans se faire remarquer, sans se déformer.
Sur les hauts plateaux de la Sierra Nevada, les étangs d’altitude sont des lieux de calme absolu. L’eau s’y repose avant de reprendre sa descente. Pour les Damana, ce moment de pause n’est pas une interruption — c’est une partie constitutive du cycle. Le Sé ne distingue pas entre mouvement et immobilité : les deux sont nécessaires. Posa porte cette leçon dans sa texture : régulière, posée, ni pressée ni figée.
« Dans la montagne, l'eau ne descend pas en ligne droite. Elle s'arrête, elle se repose, elle repart. Ces étangs, c'est elle qui souffle. »
— Dilia Nieves, tisseuse Wiwa


