Tissée par Yaira Loperena.
Yaira Loperena tisse Teru pendant quatre semaines dans sa communauté de la Sierra Nevada. Ce motif des couches de terre lui est familier : elle le tisse depuis des années, en pensant aux flancs de la Sierra Nevada tels qu’ils apparaissent dans les coupes naturelles — des lignes horizontales, régulières, qui racontent des millénaires en quelques centimètres.
La trama produit ici des bandes horizontales régulières — chaque rangée correspondant à une strate, une époque, un niveau de sol. Teru est une pièce carrée — 23 centimètres sur 23 — avec une sangle longue de 130 centimètres qui permet une grande liberté de port, de l’épaule à la hanche. Le fique naturel est ferme et dense, fait pour accompagner un corps actif.
Dans la géologie vivante de la Sierra Nevada, chaque couche de terrain est une archive. Les Wiwa lisent la montagne dans ses strates : une couche sablonneuse raconte une ancienne mer, une couche argileuse un ancien marécage, une couche rocheuse une ancienne éruption. Pour les Damana, la terre est une mémoire tangible — pas une métaphore. Teru porte cette lecture dans la répétition régulière de ses lignes, comme si chaque rangée de fique était une couche de plus ajoutée à l’archive de la montagne.
« Chaque ligne du motif, c'est une couche de la terre. Quand on tisse, on compte le temps. Pas en jours — en strates. »
— Yaira Loperena, tisseuse Wiwa



