Tissée par Dilia Nieves.
Dans les villages Wiwa de la Sierra Nevada, Dilia Nieves tisse Kira pendant quatre semaines. Ce motif du cristal de la terre est l’un de ceux qu’elle reproduit depuis le début de sa pratique — elle l’a appris de ses aînées, dans la transmission silencieuse qui va de main en main dans les communautés Damana.
La trama donne à Kira une régularité géométrique précise : le fil continu en spirale construit un motif symétrique qui converge vers le centre de la mochila, créant un effet d’ancrage visuel. La pièce mesure 28 centimètres de hauteur pour 29 de largeur. Sa sangle de 124 centimètres convient à un port décontracté en bandoulière. Le fique naturel lui donne une solidité discrète.
Selon les récits Wiwa transmis oralement, la terre abrite en son centre des cristaux lumineux — témoins de la naissance du monde, mémoire vivante de la montagne. Ce motif n’illustre pas une légende : il en est une expression directe. Pour les Damana, le visible et l’invisible coexistent dans la même roche. Tisser ce cristal, c’est relier la main de la tisseuse à une réalité enfouie, reconnue mais non démontrée — une lumière intérieure que la mochila porte sur elle.
« Sous nos pieds, la terre a un centre. Et là, il y a de la lumière. Ce n'est pas une histoire — c'est ce que nos anciens ont vu. »
— Dilia Nieves, tisseuse Wiwa


