Tissée par Mirlena Torres.
Dans les communautés Wiwa de la Sierra Nevada, Mirlena Torres tisse Aruku pendant quatre semaines, le matin de préférence, quand la lumière entre dans le village par les flancs est de la montagne. Le travail avance fil à fil, sans presse, dans le rythme tranquille que le fique impose — une fibre végétale qui résiste à l’aiguille et demande du respect.
Mirlena travaille selon la technique trama : un fil continu, une aiguille, une spirale qui s’élargit depuis le fond vers l’embouchure. Cette méthode n’autorise pas les raccourcis. La mochila est de taille médiane — 23 centimètres de hauteur — avec une sangle longue de 116 centimètres qui permet un port souple, aussi bien à l’épaule qu’en bandoulière.
Le motif reproduit les variations de texture du sol de la Sierra Nevada : du sable fin des altitudes basses jusqu’à la terre argileuse et compacte des cerros d’altitude. Pour Mirlena, ces différences de terrain ne sont pas anodines — elles racontent une géologie vivante, une montagne qui se lit sous les pieds à chaque heure de marche. Dans la pensée Wiwa, le sol est une mémoire. Aruku porte cette lecture.
« Le sable et la terre de la montagne ont des couleurs différentes selon les endroits. Ce motif, c'est ce que je vois quand je marche. »
— Mirlena Torres, tisseuse Wiwa


