Tissée par Rosalba Daza.
Rosalba Daza est l’une des tisseuses les plus expérimentées des communautés Wiwa de la Sierra Nevada. Elle a consacré six semaines à Noma — une durée rare, même pour les grandes mochilas. Cette pièce est la plus généreuse de la collection : 41 centimètres de hauteur, 32 de largeur, 660 grammes. Elle a demandé à Rosalba une endurance particulière, un engagement qui se sent quand on touche la pièce.
La trama sur une surface de cette ampleur produit quelque chose de différent : les lignes du motif se déploient avec une amplitude qui n’est pas possible sur une pièce standard. Le fique naturel, fibre solide des hauts plateaux colombiens, est travaillé avec une régularité sans faille. La sangle courte de 70 centimètres place Noma sous le bras — une sacoche tissée, organique, qui tient son contenu avec autorité.
Le motif des strates de terre reprend la lecture géologique de la Sierra Nevada : les couches horizontales qui s’accumulent depuis des millénaires, témoins silencieux de ce que la montagne a traversé. Sur la grande surface de Noma, ces lignes prennent une autre échelle — une coupe géologique à taille presque réelle. Pour les Wiwa, chaque couche de terre est une mémoire, une époque qui ne disparaît pas mais s’enfonce. Noma porte cette profondeur littéralement et figurément.
« Cette mochila, je l'ai tissée lentement. Elle est grande, elle demande du temps. Mais le temps qu'on donne à une chose, ça se sent quand on la touche. »
— Rosalba Daza, tisseuse Wiwa



