Tissée par Yaira Loperena.
Dans sa communauté de la Sierra Nevada, Yaira Loperena tisse Seraka pendant quatre semaines. Ce motif de l’échelle de la vie — des barreaux réguliers qui s’enchaînent sans fin — lui convient particulièrement : il est à la fois précis dans sa forme et clair dans son sens. La trama lui permet de le construire avec la méthode géométrique qu’il exige.
Seraka est une pièce carrée — 27 centimètres sur 27 — dense et bien proportionnée. Sa sangle de 102 centimètres en fait une mochila portée haut, proche du corps. Le fique naturel lui donne une texture ferme et régulière. Les 425 grammes de la pièce se répartissent de façon équilibrée, sans tirer d’un côté.
La Sierra Nevada est une ascension permanente : chaque village Wiwa est plus haut que le précédent, chaque champ plus proche du ciel. Cette verticalité n’est pas seulement géographique — elle est cosmologique. Dans la pensée Damana, chaque existence est un chemin vers le haut, un accomplissement progressif qui ne redescend pas. L’échelle de vie n’est pas une métaphore ordinaire : c’est une description de comment le Sé se déploie dans une vie humaine. Seraka porte cette conviction dans la géométrie inflexible de son motif.
« Chaque année qu'on vit, c'est un barreau de l'échelle. On ne redescend pas. On monte toujours. »
— Yaira Loperena, tisseuse Wiwa


