Tissée par Rosalba Daza.
Rosalba Daza tisse Kirwa pendant quatre semaines dans sa communauté de la Sierra Nevada. Elle reproduit ici le même motif du cristal de la terre que Dilia Nieves — mais avec les mains qui lui appartiennent, dans sa propre cadence. Ce motif lui a été transmis par sa mère. Elle le transmet à son tour.
Kirwa est une mochila carrée et généreuse — 29 centimètres sur 29 — travaillée en trama avec le fique naturel des hauts plateaux colombiens. Sa sangle de 102 centimètres la porte proche du corps. La surface de la pièce est dense, régulière : on sent dans la texture le nombre de mailles posées l’une après l’autre, sans relâche, pendant des semaines.
Là où Kira exprime le cristal dans une dimension médiane, Kirwa lui donne plus d’espace — plus de surface pour que le motif géométrique se développe, pour que la symétrie centrale soit lisible de loin. Les Damana parlent de cette lumière intérieure de la terre comme d’une présence constante, pas d’une métaphore. Kirwa porte cette conviction dans sa forme même : un centre défini, une périphérie qui tourne autour de lui, un ordre immuable.
« Le cristal, c'est ce que la terre garde précieusement. Ce motif, on le tisse avec attention — parce qu'on parle de quelque chose d'important. »
— Rosalba Daza, tisseuse Wiwa



