Tissée par Mirlena Torres.
Dans sa communauté de la Sierra Nevada, Mirlena Torres tisse Goye pendant quatre semaines. Elle décrit ce motif comme l’un des plus difficiles à tenir — non par sa complexité technique, mais par ce qu’il demande à la tisseuse : rester dans cet état de légèreté pendant toutes les heures de travail. Le fique naturel qu’elle utilise vient des hauts plateaux colombiens.
La technique est celle de la trama — aiguille et fil continu en spirale — mais ici le rythme semble différent, plus festif dans la répétition des mailles. Goye est une pièce de taille moyenne — 24 centimètres de hauteur, 25 de largeur — portée en bandoulière sur 100 centimètres. Sa texture, ferme à la livraison, gagne en souplesse avec l’usage quotidien.
La joie est l’un des motifs les plus rares dans le répertoire Wiwa — non parce qu’elle serait absente de la culture, mais parce qu’elle est difficile à fixer dans le fil sans devenir superficielle. Mirlena Torres dit qu’elle tisse Goye en entendant les chants des fêtes communautaires. Ce n’est pas une anecdote : pour les Damana, le geste de tisser est toujours une participation à l’ordre du monde, et la joie a sa place dans cet ordre au même titre que l’eau ou la montagne.
« Quand je tisse ce motif, j'entends les femmes chanter pendant les fêtes. C'est ça que j'essaie de mettre dans le fil. »
— Mirlena Torres, tisseuse Wiwa





