Tissée par Yaira Loperena.
Dans les communautés Wiwa de la Sierra Nevada, Yaira Loperena tisse Zuwa pendant quatre semaines. Elle partage le motif du serpent avec d’autres tisseuses de la collection — mais ici, sur une surface plus ample (26 centimètres de hauteur pour 22 de largeur), elle lui donne plus de respiration.
La trama produit le signe serpent avec une présence différente de Sawa : les motifs y sont plus espacés, le fique travaillé avec une tension légèrement plus souple. La sangle de 107 centimètres place Zuwa à hauteur de hanche. Sa texture est ferme et chaleureuse. 365 grammes — une pièce qui se remarque sur l’épaule sans peser.
Pour les Wiwa, le serpent protège en entourant — il trace une limite bienveillante autour de ce qu’il garde. Là où Sawa le conçoit comme une présence resserrée, Zuwa lui laisse de l’espace : la protection n’est pas un mur, c’est une présence diffuse qui circule. Pour les Damana, cette nuance compte : trop fermé, un motif de protection peut étouffer ; bien dosé, il accompagne sans contraindre. Zuwa porte cette version apaisée du gardien — non pas celle qui interdit l’entrée, mais celle qui veille sans bruit.
« Le serpent revient toujours. On ne le chasse pas, on l'invite. Il garde mieux que n'importe quel verrou. »
— Yaira Loperena, tisseuse Wiwa



