Tissée par Claudia Arroyo.
Claudia Arroyo tisse Sewa pendant quatre semaines dans sa communauté de la Sierra Nevada. Elle dit que ce motif demande une attention constante : le signe du serpent doit se répéter de façon continue sur toute la surface de la mochila, sans interruption ni variation involontaire. La trama — fil continu en spirale — est la seule technique qui permette cette cohérence.
Sewa est une grande pièce carrée — 27 centimètres sur 27 — solide et confortable à porter. Sa sangle de 100 centimètres convient à un port décontracté, à hauteur de hanche. Le fique naturel lui donne une texture dense et résistante. Avec 425 grammes, elle tient une journée complète de contenu sans se déformer.
Dans la pensée Wiwa, le serpent est un cercle — il se mord la queue, il complète, il boucle. Son signe protège en entourant, en délimitant un espace intérieur sûr. Chaque signe serpent sur la surface de Sewa s’enchaîne au suivant, créant une texture protectrice continue. Pour les Damana, cette protection n’est pas symbolique : elle est effective, parce que le geste de tisser avec intention est lui-même un acte qui modifie ce qui existe.
« Le serpent fait le tour. Il protège ce qui est à l'intérieur. Quand on porte cette mochila, on porte aussi cette protection. »
— Claudia Arroyo, tisseuse Wiwa


